Dans mon précédent texte, je faisais part de l'étude menée sur l'assiduité des députés qui était mise au grand jour suite à la première tentative de passage en force de la loi HADOPI.
Mais ce texte de loi, du moins son esprit, a fait une nouvelle victime en la personne du responsable web de TF1, qui souhait exprimer à titre personnel son point de vue auprès de sa députée, Françoise de Panafieu.
L'aventure telle qu'elle est contée sur son blog par François de Rugy, député Verts de Nantes, vaut alors le détour :
"Hallucinante histoire que nous relate ce jour Libération. Petit rappel des faits: un citoyen, par ailleurs salarié de TF1, s’adresse à sa députée (élue UMP) pour lui faire part de son opposition au projet de loi Hadopi.
Son mail, envoyé à partir de sa boite personnelle, est argumenté. Dès réception, une collaboratrice de la députée fait suivre le message au cabinet de la ministre de la Culture, pour obtenir un contre-argumentaire.
Jusqu’ici, tout est normal.
C’est alors que tout dérape : dans un réflexe incroyable, le cabinet de la ministre répercute la correspondance (privée !) de ce citoyen à la direction de TF1 qui —ni une ni deux, si j’ose dire— licencie l’intéressé.
Cette histoire désolante n’est pas une simple anecdote.
Elle illustre la confusion opérée entre le pouvoir politique et le principal média français.
Elle met en cause le droit d’opinion de chaque citoyen, rendu comptable, devant son employeur, de ses prises de position politiques, exprimées à titre personnel et privé.
Elle disqualifie définitivement la ministre de la Culture, dont le rôle est de protéger les libertés. Toutes les libertés : celle des créateurs, certes, mais également la liberté d’accès aux œuvres et à l’information, mise à mal par sa loi, et la liberté d’expression.
Aux dispositions déjà insupportables contenues dans son projet de loi, à ses déclarations scandaleuses pendant le débat parlementaire, qui l’avaient contrainte à présenter des excuses publiques à l’Assemblée, Madame Albanel ajoute désormais une nouvelle pratique : la délation.
Trop, c’est trop !
Cela n’est pas dans mes habitudes, mais devant de nouvel abus de pouvoir, il me semble qu’il n’y a pas d’autre choix : il faut appeler à la démission de cette ministre à l’évidence dépassée par les devoirs que devrait lui imposer sa charge."
Edifiant, dîtes-vous ?
