vendredi 13 novembre 2009

Au secours, Roselyne !

Constatant une augmentation de 25 % en un an des interruptions volontaires de grossesse chez les jeunes de la région Poitou-Charentes et sachant pertinemment que la contraception est une question majeure de notre société, Ségolène Royal a donc souhaité créer un Pass'Contraception afin d'aider les jeunes filles à accéder à une consultation médicale gratuite et à être accompagnées tout au long d'un processus douloureux.

Cette proposition, menée en étroite concertation avec les professionnels de santé, reçoit le soutien des associations de parents d'élèves et de la communauté éducative, car elle n'est pas le fruit d'un effet d'annonce sans lendemain, puisque ce Pass existe bel et bien.

Bien entendu les cris d'orfraie ne se sont pas fait attendre, en la personne de Luc Chatel, ci-devant Ministre de l'Education, qui explique doctement que ce ne sont pas aux établissements, par le biais des infirmières scolaires, de se substituer au Planning Familial.

Or Luc Chatel semble oublier un peu vite que l'Etat a très fortement diminué les moyens apportés au Mouvement du Planning Familial depuis plus un an, mettant ainsi en péril localement la continuité des missions de prévention et d'éducation la sexualité et en démantelant les centres IVG autonomes.

Je lance donc un appel solennel à une ministre censée être sensée dans ce gouvernement hétéroclite :

"Au secours, Roselyne ! Toi qui donnes de ta personne, devant les caméras, en te faisant vacciner contre le virus de la grippe H1N1 - et si, bien sûr, tu n'es pas atteinte du syndrome de Guillain-Barré - tu dois absolument venir dans tous les lycées de France afin d'expliquer à nos jeunes comment utiliser un préservatif. Avec tous nos remerciements anticipés."

http://www.poitou-charentes.fr/sante-handicap/sante/adolescents-et-jeunes.html

lundi 9 novembre 2009

Les doigts dans le pot de confiture

Alain Auffray, journaliste à Libération, revient sur les affirmations de Sarkozy sur Facebook. Encore une fois tout est inventé comme il le relate sur son blog dans un article intitulé :

"Mur de Berlin: Sarko refait l'histoire

Sympa, la page Facebook de Sarkozy. Vous avez vu?Le président nous raconte son 9 novembre 89, en toute simplicité. Photo nocturne à l'appui. Marteau en main, il y était, Sarko, à Berlin. L'homme qui s'apprête à faire l'Histoire ne pouvait rater ce moment historique. Epatant!Le problème c'est que l'histoire qu'on nous raconte ne tient pas debout:

"Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé ...pour participer à l’événement qui se profile"

Le matin du 9 novembre, personne à Paris - ni même à Berlin - ne pouvait soupçonner que le mur allait tomber. les radios et télévisions ouest-allemandes n'ont commencé à évoquer la "libre circulation" qu'à partir de 20h. Et ce n'est qu'après 23 heures que les Berlinois de l'Est, prenant ces informations prématurées pour argent comptant, furent si nombreux à se masser devant le poste frontière de la Bornholmer Strasse que les garde-frontière est-allemands finirent par lever la barrière. Parole de témoin: jamais "l'événement" ne s'est "profilé".

Dans un excès de zèle, le conseiller élyséen chargé du blog présidentiel aura bricolé un récit censé démontrer que le chef de l'Etat, à l'époque secrétaire général adjoint du RPR, était à Berlin le jour J. Pour rendre la chose possible, il invente des informations semblant "annoncer du changement".

Et pour faire bonne mesure, il ajoute cette scène totalement fantaisiste:

Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du mur"

A aucun moment l'annonce d'une "ouverture probable" n'a provoqué le moindre rassemblement à l'Ouest. La foule était massée à l'Est. Et beaucoup plus au Nord, dans le quartier de Prenzlauer Berg. Les Berlinois de l'Ouest n'ont commencé à s'attaquer au mur que le lendemain 10 novembre. Ils ont été rejoints par des visiteurs venus du monde entier. Parmi lesquels, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Mais alors, s'il n'était pas à Berlin, où donc se trouvait le futur président de la république ce fameux 9 novembre 1989?

Nous avons une petite idée: ce 9 novembre, comme tous les 9 novembre, Nicolas Sarkozy commémorait à Colombey-les-deux-églises le 19e anniversaire de la mort du Général de Gaulle. Ce n'est qu'une hypothèse.

Les blogueurs pressés de l'Elysée auront sans doute à coeur de vérifier."

jeudi 7 mai 2009

Les malheurs causés par HADOPI

Dans mon précédent texte, je faisais part de l'étude menée sur l'assiduité des députés qui était mise au grand jour suite à la première tentative de passage en force de la loi HADOPI.

Mais ce texte de loi, du moins son esprit, a fait une nouvelle victime en la personne du responsable web de TF1, qui souhait exprimer à titre personnel son point de vue auprès de sa députée, Françoise de Panafieu.

L'aventure telle qu'elle est contée sur son blog par François de Rugy, député Verts de Nantes, vaut alors le détour :

"Hallucinante histoire que nous relate ce jour Libération. Petit rappel des faits: un citoyen, par ailleurs salarié de TF1, s’adresse à sa députée (élue UMP) pour lui faire part de son opposition au projet de loi Hadopi.

Son mail, envoyé à partir de sa boite personnelle, est argumenté. Dès réception, une collaboratrice de la députée fait suivre le message au cabinet de la ministre de la Culture, pour obtenir un contre-argumentaire.

Jusqu’ici, tout est normal.

C’est alors que tout dérape : dans un réflexe incroyable, le cabinet de la ministre répercute la correspondance (privée !) de ce citoyen à la direction de TF1 qui —ni une ni deux, si j’ose dire— licencie l’intéressé.

Cette histoire désolante n’est pas une simple anecdote.

Elle illustre la confusion opérée entre le pouvoir politique et le principal média français.

Elle met en cause le droit d’opinion de chaque citoyen, rendu comptable, devant son employeur, de ses prises de position politiques, exprimées à titre personnel et privé.

Elle disqualifie définitivement la ministre de la Culture, dont le rôle est de protéger les libertés. Toutes les libertés : celle des créateurs, certes, mais également la liberté d’accès aux œuvres et à l’information, mise à mal par sa loi, et la liberté d’expression.

Aux dispositions déjà insupportables contenues dans son projet de loi, à ses déclarations scandaleuses pendant le débat parlementaire, qui l’avaient contrainte à présenter des excuses publiques à l’Assemblée, Madame Albanel ajoute désormais une nouvelle pratique : la délation.

Trop, c’est trop !

Cela n’est pas dans mes habitudes, mais devant de nouvel abus de pouvoir, il me semble qu’il n’y a pas d’autre choix : il faut appeler à la démission de cette ministre à l’évidence dépassée par les devoirs que devrait lui imposer sa charge."

Edifiant, dîtes-vous ?

vendredi 17 avril 2009

Les actifs et les autres

La ferveur avec laquelle est remise en cause l'implication des députés, suite à ce qui s'est passé au sujet du projet de loi HADOPI, est assez intéressante.

Comme le souligne Bernard ACCOYER, Président de l'Assemblée nationale, il existe toujours un vieux fond d'antiparlementarisme primaire mais l'absence des députés en séance ne traduit pas toujours un manque d'intérêt de leur part. Toutefois il faut savoir se baser sur des faits concrets avant de jeter l'opprobe.

Dans Sud-Ouest du jeudi 16 avril, sous la plume de Sylvain COTTIN, qui déclarait que la chasse aux députés absents était ouverte, on pouvait lire ces propos tenus par Jean-Louis LEONARD (UMP - 2ème circonscription) à l'encontre de Catherine QUERE (PS - 3ème circonscription) : "Catherine Quéré, sans doute vue à l'Assemblée, mais jamais entendue". A priori cela semble normal, lui-même n'est pas forcément très assidu si l'on en croit le tableau établi par Vincent NOUZILLE, journaliste et co-auteur de Députés sous influence, le vrai pouvoir des lobbies à l’Assemblée nationale.

Le tableau intitulé "Classement des députés fantômes" relève le nombre total d'interventions (en séance ou en commission) ainsi que les rapports rédigés et les questions écrites posées aux ministres par nos députés. Ces données sont accessibles sur le site de l'Assemblée, il faut remercier Vincent NOUZILLE de les avoir collectées.

Conclusion : les 5 charentais maritimes ne travaillent pas au même rythme.

Le record de l'activisme revient à Didier QUENTIN (UMP - 5ème circonscription) avec 48 interventions, 5 rapports et 40 questions. Il est ainsi classé 441ème.

Viennent ensuite les députés socialistes. Tout d'abord, Catherine QUERE avec 34 interventions et 114 questions écrites, elle est 374ème au classement. Ensuite Maxime BONO (PS - 1ère circonscription) avec 22 interventions, 1 rapport et 52 questions écrites, il se classe au 291ème rang.

Jean-Louis LEONARD - le donneur de leçons - se classe quant à lui 227ème avec seulement 17 interventions (soit la moitié moins que Catherine QUERE) et 33 questions écrites... De quoi copier 100 lignes : "Je ne dois pas dire de mal de ma camarade..."

Le champion toutes catégories est tout de même Jean-Claude BEAULIEU (UMP - 4ème circonscription) qui avec pas moins de 2 interventions et le nombre fantastique de 4 questions écrites, honore la Charente Maritime d'une 31ème place au classement des députés fantômes. On ne peut effectivement pas cumuler les mandats, continuer à exercer sa profession de chirurgien, mener des mission en tant qu'officier de réserve à l'étranger et en plus poser des questions qu'elles soient orales ou écrites à l'Assemblée. Il y a des choix à faire et Jean-Claude Beaulieu semble avoir choisi...

Pour découvrir le tableau, cliquer ci-dessous :

http://www.lesinfos.com/docs/activitesdeputes.pdf

mardi 14 avril 2009

Piqûre de rappel

A l'intention des "managers" placés à la tête des affaires publiques d'une commune, Saint-Savinien, qui, par le passé, a largement goûté l'amertume de projets démesurés, je renvoie à la lecture de ces quelques lignes extraites des observations formulées par la Chambre Régionale des Comptes de Poitou-Charentes, rédigées en juin 2007 - c'était donc hier :

"[Nous] constatons que l'endettement a chuté de 24 % entre l'exercice 2003 et 2005. La pause dans les investissements et la maîtrise des dépenses de fonctionnement contrastent avec la précédente gestion qui suite notamment aux investissements du foyer logement et du centre de vacances avaient conduit à une situation financière "dégradée". Pour autant, la dette par habitant représentait 895 € en 2003 et 780 € en 2004 alors que les moyennes des communes comparables étaient ces mêmes années de 686 € puis 694 €.

La situation demeure donc fragile. La marge de manoeuvre semble limitée en raison d'une pression fiscale largement supérieure à celle des communes de la même strate. Ainsi, le taux de la taxe sur le foncier bâti était de 24 % en 2003 et 2004 alors que la moyenne était respectivement de 14 % puis 15 %. Le taux en matière de taxe d'habitation était de 13 % pour ces mêmes années alors que la moyenne de la strate s'établissait à 10 %. Quant au taux de la taxe professionnelle, il était, pour 2003 et 2004, de 15 % pour une moyenne nationale de 8 %".

Je leur conseille donc de bien relire ce document, de le conserver précieusement - comme je le fais, sur ma table de chevet - et de modérer leurs critiques sur la gestion municipale de 1995 à 2008, car je reste persuadé qu'en la matière, il ne suffit pas de communiquer sur ses capacités à construire encore faut-il savoir gérer...

jeudi 15 janvier 2009

Gaza : refusons toute instrumentalisation communautaire

Déclaration à l’initiative de la Ligue des droits de l’Homme et de la Ligue de l’Enseignement

Le conflit israélo-palestinien est une fois encore entré dans une phase dramatique. Ce conflit n’est ni religieux ni « ethnique », mais bien politique et territorial : l’engrenage de la violence dont les populations civiles sont les premières victimes s’enracine dans l’aggravation, depuis des décennies, du sort insupportable fait au peuple palestinien. Rien ne peut justifier les attaques – d’où qu’elles viennent dirigées contre les civils. Mais chacun sait, au-delà de la condamnation nécessaire de tout crime de guerre, que la paix ne pourra advenir sans justice, cette paix par le droit hors de laquelle aucun des deux peuples ne pourra vivre un avenir humain.

Les 900 morts palestiniens des deux dernières semaines, dont de très nombreux civils, victimes des bombardements et de l’offensive de l’armée israélienne à Gaza, comme les 34 morts israéliens des cinq dernières années victimes de tirs de roquette du Hamas, ne peuvent que soulever une émotion légitime. En France, nous constatons que la sensibilité à cette actualité tragique s’exacerbe.

Trois actes inacceptables ont été commis à l’encontre de synagogues à Toulouse et à Saint-Denis et contre une collégienne à Villiers-le-Bel. Ces actes sont heureusement des faits isolés. Mais la réaction des autorités politiques françaises qui s’en remettent aux instances religieuses pour prévenir la violence n’est ni admissible sur le terrain de la laïcité ni de nature à prévenir les dangers qu’elles invoquent. De même, l’organisation d’une manifestation communautaire de soutien à l’un des deux protagonistes du conflit, même si elle est restée isolée, renforce le risque que l’expression des indignations et des solidarités mette face à face des communautés dont les membres seraient collectivement assimilés à l’un des deux camps.

Cette transposition qui enfermerait la liberté de conscience et d’expression des individus concernés dans une assignation à résidence communautaire ou religieuse serait porteuse de graves dangers pour le vivre ensemble. Il n’est pas question de remettre en cause la capacité à s’indigner de ce qui se joue en Palestine, ni l’expression de telle instance communautaire dans le débat public qui n’a rien d’illégitime en elle-même, mais de refuser une logique de transposition dans la société française des conflits et des haines qui déchirent le Proche-Orient.

Sans alarmisme mais avec vigilance, les organisations soussignées, attachées au respect de l’égale liberté de chacun, refusent toute mise en scène d’un prétendu « conflit de civilisations » et rappellent qu’aucun individu ne peut être étiqueté, stigmatisé ou agressé en raison de ses origines ou de sa foi, et que les manifestations d’intolérance, de racisme et d’antisémitisme, loin de servir les causes que leurs auteurs disent soutenir, les salissent et mettent en danger la vie démocratique.

C’est dans cet esprit que les unes et les autres continueront à défendre le respect des droits de l’Homme, du droit international et du droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes et à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues.

Premiers signataires : ACLEFEU, ALEFPA, Association des Libres Penseurs de France, Association du Manifeste des libertés, Cercle Gaston-Crémieux, CFDT, CGT, Collectif Avenir laïque, FSU, Ligue des droits de l’Homme, Ligue de l’Enseignement, Mouvement de la Paix, Parti communiste français, Parti de gauche, Parti socialiste, Solidarité Laïque, Unef, Union rationaliste, Union syndicale solidaires, Les Verts.

dimanche 4 janvier 2009

Bonne année 2009

Saint-Savinien, Vue sur le quartier de l'église

BONNE ANNEE 2009

"Toute aventure humaine, quelque singulière qu'elle paraisse, engage l'humanité entière."

Jean-Paul Sartre, Saint-Genet, comédien et martyr